Nassau, New Providence Island, Bahamas

Du 20 au 22 décembre 2021


Nous avons dû quitter les Berrys Island car la météo annonçait de forts vents d'ouest pour plusieurs jours et les endroits pour se protéger de l'ouest sont plutôt rare sur cet archipel. Dommage car nous avions l'intention d'y demeurer quelques jours afin de profiter des fonds marins généreux.

Dès l'aube, le 20 décembre, nous avons levé l'ancre à l'aube en compagnie du voilier Éclectic pour nous rendre à Nassau. Une belle et douce navigation de 8 heures, une distance de 45 miles nautiques à la voile et au moteur avec des vents d'ouest de 8 à 10 noeuds et sud de 5 à 6 noeuds. Nous avons évité 2 grains que l'on pouvait apercevoir avec le radar.

Le port de Nassau abrite plusieurs navires de croisière. Nous sommes très petits par rapport à ces monstres des mers. Chaque jour, les navires quittent le port et d'autres arrivent. Les touristes ne manquent pas et c'est bon pour l'économie.



Nous pensions éviter Nassau cette année car nous n'avions pas de bons souvenirs de notre dernière escale en 2019 (voir article 2019). Mais nous avions quelques achats à faire et Nassau est la meilleure destination pour le faire. Nous profitons de ce que chaque île a à nous offrir. Nous avons trouvé tous les articles dont nous avions besoin et surtout un nouveau wetsuit pour moi, un masque et des palmes pour le capitaine. Ce sont nos cadeaux de Noël respectifs! 

À Nassau, nous avons retrouvé des amis-bateaux Dominique (Flocon de sel) ainsi que Linda et Yvon (Head Office). 

Nassau a deux visages. Parfois, elle nous montre son côté joli mais on a juste à se retourner la tête pour y voir son côté moche.
















Sous les ponts, on a aperçu un vieux bateau sur lequel étaient empilés une montagne de vieux matelas. Agrandissez l'image, vous allez bien les voir. Je me demande comment ils en disposeront...

Great Harbour Cay, Berry Islands, Bahamas

Du 8 au 19 décembre 2021


Après avoir remplacé et/ou réparé différentes composantes, acheté des tonnes de provisions et des accessoires nécessaires pour le départ. MillÉvasions et son équipage ont repris la mer dès 11 h am le mercredi 8 décembre en direction de Great Harbour Cay dans les Berry Islands aux Bahamas.
 
Great Harbour Cay

C'est une destination que l'on apprécie beaucoup pour les facilités (douanes, permis de navigation, achat de la carte sim pour l'accès à internet, bonne protection des vents, belle plage et aussi pour la chasse à la langouste). 

Pour la traversée dune durée de 24h, nous étions accompagnés de 3 autres voiliers : Flocon de sel, Head Office et Eclectic. La mer était belle, d’un bleu profond, un vent sud-est de 10 noeuds.








Au début, nous avons mit le cap à 110 degré vers Freeport et une fois sorti du Gulf Stream, nous avons changé de cap, 130 degré pour pointer en direction de Great Harbour Cay. 

Nous avons traversé le fameux Gulf Stream à la voile uniquement au près bon plein avec un vent sud-est et puis sud pour finir avec un vent arrière faible.
 
La nuit venue, nous avons croisé des navires de toute sortes. Certains n'émettaient aucun signal qui nous auraient permis de les apercevoir sur nos instruments. C'était assez stressant de les voir apparaître devant nous à la dernière minute en pleine nuit. 

Un peu plus tard durant la nuit, nous étions voile et moteur, soudainement le moteur s'est arrêté. Oups ! Nous avons avisé les voiliers qui nous accompagnaient. Ils nous ont escortés avec leurs voiliers pendant que mon capitaine essayait de poser un diagnostique du problème pendant que je tenais la barre.

La cause du problème était qu'il y avait du dépôt dans le réservoir de diesel ce qui a eu pour effet d'obstruer la valve d'alimentation. Comme toujours, mon capitaine a pu corriger la situation et a pu redémarrer le moteur. Nous avions besoin d'utiliser le moteur car le vent avait beaucoup diminué et nous avions encore plusieurs milles nautiques à parcourir jusqu'à destination. Bravo Capt'n Jack ! Un bon capitaine doit être aussi un bon mécanicien, plombier, électricien, etc...

Nous sommes restés à Great Harbour Cay durant plusieurs jours en attente d'une météo favorable nous permettant de nous déplacer.





Nous avons profité de cet arrêt pour nous reposer, marcher sur la belle plage de Sugar Beach, chasser la langouste et faire de menus travaux par exemple la lessive.










Un bon matin, il y eu panique à bord. Le capitaine avait égaré la carte SIM de son cellulaire du Québec. Nous avions beaucoup marché depuis le moment qu'il l'avait retiré de son cellulaire pour la mettre dans son porte-feuille. Il l'a finalement retrouvée. Vous dire comment il était content !



Le 17 décembre, nous nous sommes déplacés vers Soldier Cay. Une distance de 30 milles nautiques. Ça a beaucoup brassé. Mon capitaine n'avait pas le coeur très solide. La protection du vent y est assez bonne sauf que le bateau tangue de gauche à droite sans arrêt. La première nuit a été assez pénible. Nous roulions sans arrêt dans le lit.





Soldier Cay



Les moustiques eux, ne semblent jamais prendre de pause. J'ai l'impression qu'ils apprécient beaucoup le goût sucré de bleuet des gens natifs du Lac St-Jean. Il y a pire comme problème. 

Je suis bien triste d'apprendre qu'un nouveau variant Omicron est arrivé au Québec et ce, juste avant la période des fêtes. 

Ici, aux Bahamas, ils étaient encore très prudents même avant l'annonce de ce nouveau virus. Tout d'abord, seuls les touristes doublement vaccinés et démontrant un test négatif pouvaient être autorisés à descendre sur les îles et le masques est obligatoire dans chacun des commerces. Ce n'est pas ce qui se passait aux Etats-Unis, nous étions pratiquement les seuls clients à porter le masque dans les commerces. Je ne sais pas si les mesures vont se resserrer davantage aux Bahamas. À suivre.

Dans notre cas, ce sont les îles désertes que nous préférons alors le risque pour nous d'attraper ce virus est très très minime. Nous nous sentons en sécurité sur notre petit bateau loin de tout. Le voilier est un bon moyen de voyager sans trop craindre d'attraper quoi que ce soit.








C'est un nouveau départ pour Millévasions !

Le lundi 8 novembre 2021


Le récit de notre aventure précédente s’est arrêté abruptement car nos familles respectives nous recommandaient fortement de revenir au pays le plus rapidement possible Ils craignaient que les frontières Canadiennes se ferment à la suite de l'arrivée soudaine de la pandémie de Covid-19. C'était la course contre la montre!

En résumé, le 19 mars 2020, nous avons sorti le voilier de l’eau à la marina d'Indiantown en Floride, l’avons remisé du mieux que l'on pouvait, empaqueté le maximum de choses que l’on pouvait apporter à bord d’une mustang décapotable (l’auto que l’on a eue pour revenir à Québec) et nous avons quitté la marina le 22 mars. Trois jours seulement pour faire tout ce travail. Ouf ! Nous avons même dormi à bord de l’auto pour finalement arriver à Québec le 25 mars pour finalement débuter les 2 semaines de quarantaine exigée au retour d'un voyage. 

Ma mère me manquait terriblement et je m’inquiétais de sa santé. Elle disait qu’elle se sentait toujours essoufflée. Elle tenait toujours maison, cuisinait encore beaucoup, recevait encore très souvent la famille à souper, jardinait beaucoup, pelletait la neige, faisait ses exercices quotidiens etc... 

Le 14e jour de la quarantaine, nous n’avions qu’une idée en tête soit de  rendre visite à maman même si nous ne pouvions que lui parler au travers la porte patio de sa maison, c’est ce qui était recommandé afin de respecter la distanciation afin de protéger les aînés du virus de la Covid. 

Les semaines suivantes, la voix de maman avait commencé à changer. Nous l'avons emmené consulter différents spécialistes, pneumologue, cardiologue et neurologue. Finalement, le terrible diagnostique est tombé. SLA bulbaire.... elle commença à avoir de la difficulté à manger et à boire. Elle a accepté de subir une intervention chirurgicale (gastrostomie). Au retour de l’hôpital, mes sœurs et moi, ne l’avons jamais laissée seule, nous avons pris soin de notre maman chérie jusqu’à la fin. Elle s’est éteinte après seulement 3 mois après avoir reçu le fatal diagnostique. Elle était notre fan no 1. Elle me manque encore terriblement... 

Recommencer à rêver et à concrétiser de beaux projets communs m'a beaucoup aidé à me reconstruire. 

Tout d'abord, nous avons décidé de prendre nos retraites professionnelles respectives. C'est beau d'avoir des projets mais ça demande du temps pour les réaliser. 

Nous avions comme premier projet d'aménager nous-même un fourgon en VR pour nous permettre, entre autre, de retrouver notre bateau en Floride en sécurité dans nos affaires si jamais la pandémie serait encore d'actualité. Cette auto-construction s'est étendue sur environ 4 mois. Nous sommes très contents du résultat.

Le second projet a été la préparation de notre 3e voyage aux Bahamas à bord de MillÉvasions. Plusieurs semaines ont été consacrées à ce projet. 

Le lundi 8 novembre 2021, nous avons pu traverser les frontières Américaines car c'était le jour de la réouverture des frontières terrestres aux Canadiens pleinement vaccinés.

En route vers Indiantown pour y retrouver notre bateau laissé derrière nous depuis bientôt 20 mois.



Le 11 novembre, arrivée à la marina. Oh my god ! Nous étions conscients que le bateau aurait besoin d'un bon nettoyage mais ... jamais nous n'aurions imaginé qu'il serait aussi dégoûtant. Il était dans un si piteux état. Il faisait pitié. Il avait l'air d'un bateau abandonné depuis plusieurs années. Laisser un bateau hors de l'eau à la chaleur durant 20 mois c'est beaucoup trop long. Nous ne savions pas par quel bout commencer. Il était vert du mât jusqu'à la quille.





Nous avons pris notre courage à deux mains et travaillé en moyenne 10 hrs /jour durant près de 3 semaines. Nous avons réussi à lui redonner fière allure !







On s'encourageait entre propriétaires de bateaux. Dans la 'working area' nous étions voisins de nos bons amis du voilier La Toison d'Or. Ils travaillaient aussi fort que nous sur leur bateau. Leur présence, leurs bons conseils, leur générosité et leur bonne humeur nous ont grandement aidé à finaliser les travaux en vue du grand départ vers les Bahamas. 

Merci les amis : Marie et Claude !