C'est un nouveau départ pour Millévasions !

Le lundi 8 novembre 2021


Le récit de notre aventure précédente s’est arrêté abruptement car nos familles respectives nous recommandaient fortement de revenir au pays le plus rapidement possible Ils craignaient que les frontières Canadiennes se ferment à la suite de l'arrivée soudaine de la pandémie de Covid-19. C'était la course contre la montre!

En résumé, le 19 mars 2020, nous avons sorti le voilier de l’eau à la marina d'Indiantown en Floride, l’avons remisé du mieux que l'on pouvait, empaqueté le maximum de choses que l’on pouvait apporter à bord d’une mustang décapotable (l’auto que l’on a eue pour revenir à Québec) et nous avons quitté la marina le 22 mars. Trois jours seulement pour faire tout ce travail. Ouf ! Nous avons même dormi à bord de l’auto pour finalement arriver à Québec le 25 mars pour finalement débuter les 2 semaines de quarantaine exigée au retour d'un voyage. 

Ma mère me manquait terriblement et je m’inquiétais de sa santé. Elle disait qu’elle se sentait toujours essoufflée. Elle tenait toujours maison, cuisinait encore beaucoup, recevait encore très souvent la famille à souper, jardinait beaucoup, pelletait la neige, faisait ses exercices quotidiens etc... 

Le 14e jour de la quarantaine, nous n’avions qu’une idée en tête soit de  rendre visite à maman même si nous ne pouvions que lui parler au travers la porte patio de sa maison, c’est ce qui était recommandé afin de respecter la distanciation afin de protéger les aînés du virus de la Covid. 

Les semaines suivantes, la voix de maman avait commencé à changer. Nous l'avons emmené consulter différents spécialistes, pneumologue, cardiologue et neurologue. Finalement, le terrible diagnostique est tombé. SLA bulbaire.... elle commença à avoir de la difficulté à manger et à boire. Elle a accepté de subir une intervention chirurgicale (gastrostomie). Au retour de l’hôpital, mes sœurs et moi, ne l’avons jamais laissée seule, nous avons pris soin de notre maman chérie jusqu’à la fin. Elle s’est éteinte après seulement 3 mois après avoir reçu le fatal diagnostique. Elle était notre fan no 1. Elle me manque encore terriblement... 

Recommencer à rêver et à concrétiser de beaux projets communs m'a beaucoup aidé à me reconstruire. 

Tout d'abord, nous avons décidé de prendre nos retraites professionnelles respectives. C'est beau d'avoir des projets mais ça demande du temps pour les réaliser. 

Nous avions comme premier projet d'aménager nous-même un fourgon en VR pour nous permettre, entre autre, de retrouver notre bateau en Floride en sécurité dans nos affaires si jamais la pandémie serait encore d'actualité. Cette auto-construction s'est étendue sur environ 4 mois. Nous sommes très contents du résultat.

Le second projet a été la préparation de notre 3e voyage aux Bahamas à bord de MillÉvasions. Plusieurs semaines ont été consacrées à ce projet. 

Le lundi 8 novembre 2021, nous avons pu traverser les frontières Américaines car c'était le jour de la réouverture des frontières terrestres aux Canadiens pleinement vaccinés.

En route vers Indiantown pour y retrouver notre bateau laissé derrière nous depuis bientôt 20 mois.



Le 11 novembre, arrivée à la marina. Oh my god ! Nous étions conscients que le bateau aurait besoin d'un bon nettoyage mais ... jamais nous n'aurions imaginé qu'il serait aussi dégoûtant. Il était dans un si piteux état. Il faisait pitié. Il avait l'air d'un bateau abandonné depuis plusieurs années. Laisser un bateau hors de l'eau à la chaleur durant 20 mois c'est beaucoup trop long. Nous ne savions pas par quel bout commencer. Il était vert du mât jusqu'à la quille.





Nous avons pris notre courage à deux mains et travaillé en moyenne 10 hrs /jour durant près de 3 semaines. Nous avons réussi à lui redonner fière allure !







On s'encourageait entre propriétaires de bateaux. Dans la 'working area' nous étions voisins de nos bons amis du voilier La Toison d'Or. Ils travaillaient aussi fort que nous sur leur bateau. Leur présence, leurs bons conseils, leur générosité et leur bonne humeur nous ont grandement aidé à finaliser les travaux en vue du grand départ vers les Bahamas. 

Merci les amis : Marie et Claude !




Spanish Wells Island, Bahamas

Du 24 février au 2 mars 2020


Nous avions choisi Spanish Wells comme destination pour attendre que le front froid soit passé car cet endroit est très bien protégé des vents, le ravitaillement est facile et abondant et en plus, c'est très joli. 



C'est également, un des endroits les plus nantis des Bahamas.






Ce qui me dérange ici, c'est que l'on remarque encore que les blancs sont les propriétaires de maison et que les noirs arrivent le matin par bateau pour travailler pour les blancs. Ils sont rémunérés pour exécuter des tâches manuelles comme par exemple, entretenir les terrains...

Nous apprécions beaucoup le fait que les habitants de l'île nous permettent de monter à bord de leur voiturette de golf. Ils circulent sur l'île, pratiquement tous, à bord de voiturettes de golf. Il suffit simplement de faire de l'auto-stop et bingo.

Quelques clichés de l'île.

Épicerie très complète et bon prix
Restaurant-Bar et Liquor store chez Boudda's
Une des plus anciennes maisons de l'île




Le bateau-taxi reliant les 2 îles



Fait particulier, ce sont des Amish qui opèrent le traversier pour les automobilistes désirant se rendre à Éleuthera Island. Comme cette communauté est reconnue pour vivre une vie simple et austère, il est particulier de les voir opérer un traversier avec de si gros moteurs hors bord. 

Traversier opéré par les Amish

Traversier, trop mignonnes les petites Amish
Nous y sommes demeurés tant et aussi longtemps que la météo ne se calme afin de nous permette de monter encore plus au nord. Il a fait froid durant quelques jours, tellement que mon capitaine a porté ses petits bas.


Pourquoi Spanish Wells ? Traduction = puits en espagnol

C'était, apparemment, le dernier endroit où les navires de l'époque pouvaient s'approvisionner en eau douce.

Aujourd'hui, l'eau de la municipalité est un peu salée. 

Et l'eau douce est payante contrairement à l'eau douce disponible sur les autres îles des Bahamas. Nous avons acheté quelques bidons d'eau douce pour remplir nos réservoirs. Par chance, nos généreux amis-bateaux possédant des "water maker" nous ont fait cadeau de quelques bidons supplémentaires. C'est ça la fraternité entre navigateurs! On se partage souvent des denrées et/ou des pièces de rechange pour le bateau.

La pêche à la langouste est une des activités très prospère à Spanish. Il arrive que des crabes "stone crab" soient capturés dans les cages. C'est encore meilleur que la langouste et même meilleur que le crabe de chez nous.

Nous étions déjà venus à Spanish en 2014 mais nous n'avions pas eu la chance de goûter à ce fameux "stone crab". C'est assez dispendieux mais il faut absolument y goûter. Un réel délice, croyez-moi.




Un après-midi, nous avons décidé de nous rendre à la plage pour y faire un pique-nique.





Ho hisse! La marée avait baissé.
À chaque soir, lors du coucher de soleil, mon capitaine s'est époumoné a pratiquer le chant de la conque. Ce n'est pas encore parfait mais il y travaille et il y a de l'amélioration. 


Nous l'encourageons, soir après soir, après chacune de ses représentations par nos applaudissements et nos "Bravo!".

Glass Window, Eleuthera Island, Bahamas

Le dimanche 23 février 2020


L'île d'Eleuthera est séparée en 2 parties et elle est reliée par un étroit pont, le "Glass window bridge". 

Un pont séparant parfaitement l'océan Atlantique et la mer des Caraïbes. Cet endroit fragile fut, au fil des décennies, détruit et reconstruit à plusieurs reprises. Surnommé "le point le plus étroit de la terre", il est probablement le meilleur endroit au monde où admirer la différence entre la couleur bleue de l'océan Atlantique de celle du vert des Caraïbes. 

Et le contraste ne s'arrête pas là, puisque vous remarquerez très vite l'agitation de l'Atlantique par rapport au calme de la mer des Caraïbes. Parfois, lorsqu'il y a du vent et que l'eau est agitée, la mer et l'océan se mêlent ensemble un court instant, faisant disparaître les nuances de bleus. Mais très vite le phénomène naturel reprend le dessus et les sépare à nouveau.



À cet endroit, nous pouvons apercevoir la démarcation des 2 côtés très différents du côté mer et du coté intérieur "sound".

Du côté de l'océan Atlantique, les vagues sont très présentes et grosses, la couleur est d'un bleu royal tandis que du côté ouest les eaux sont très calmes et la couleur est plutôt turquoise.

Aussi, il y a des piscines naturelles taillées par les vagues de l'océan appelées Queen's Baths. Les forts vents ne nous ont pas permis de nous prélasser dans ces piscines naturelles. Une prochaine fois peut-être....








À l'ancre avec nos compagnons de fin de voyage.